Les syndicats n'ont aucune réponse, alors il s'adressent à la presse


Communiqué de presse envoyé aujourd’hui, au nom de l’ensemble des organisation syndicales du site, aux journaux locaux et à l’agence France presse (AFP).

Les salariés de Lannion disent non à l’entassement dans le nouveau bâtiment mais Orange continue …

Orange n’est pas l’entreprise bienveillante qu’elle voudrait faire paraître par ses communications récurrentes. Elle continue, malgré son passif, à accroître les risques psycho-sociaux pesant sur ses salariés en dégradant leurs conditions de travail.

À Lannion, le projet immobilier actuel, avec un « Flex-Office » pompeusement dénommé « espaces dynamiques », est une provocation par ses propositions techniques et sa mise en œuvre sociale. En effet, avec 590 postes de travail pour 1000 salariés (878 salariés CDI/CDD projetés à horizon 2028 + environ 120 prestataires/stagiaires), chaque salarié devra trouver chaque matin un espace de quelques mètres carrés pour travailler dans des espaces ouverts dont certains peuvent contenir jusqu’à 50 personnes. Pour ceux qui n’auront pas trouvé de place, ils devront rentrer chez eux et subiront un télétravail subi plutôt que choisi, légalement interdit. Ce projet s’accompagne également de nombreuses réorganisations d’activités, baisses de moyens, suppressions de postes, transferts à l’international, une perte de sens au travail. On voudrait faire « partir » les salariés que l’on ne s’y prendrait pas autrement…

Dans ces locaux neufs, Orange a tiré les surfaces, les normes et les bonnes pratiques au plus bas possible et ce ne sont pas des présentations de « verdissement » du site qui vont compenser ces faits. En particulier, chaque poste de travail est réduit à son minimum le plus strict avec à peine plus de 4m² par poste de travail. Les distances de recul sont également au minimum légal alors que la direction tient un discours mensonger aux salariés en tentant de leur faire croire qu’elle est mieux-disante.

Les salariés plébiscitent des locaux neufs mais ne veulent pas de ce projet en l’état. Les dirigeants d’Orange l’ont entériné contre l’avis majoritaire des salariés, l’avis intersyndical, et les rapports d’expertise qui en démontrent les impacts négatifs sur les conditions de travail.

Un élément visible de cette stratégie du moins disant, se retrouve dans le nombre de places de parking largement inférieur au potentiel de salariés sur le site : un comptage courant septembre démontre une sous-capacité future d’environ 110 places manquantes pour 400 places prévues. Ceci venant s’ajouter à une concentration des entrées/sorties sur le giratoire de Pégase qui entraine un risque de congestion aux heures de pointe pour les usagers de la zone.

Orange a donc tort de minimiser le mécontentement des salariés du site de Lannion, qui ont commencé à l’afficher ouvertement depuis quelques mois. Ils ont bien compris que l’entreprise a décidé de leur sort sans tenir compte du moindre de leurs avis.

Pour sortir par le haut de cette impasse et d’un dialogue social inexistant (la direction refuse désormais tout dialogue depuis début juin), l’intersyndicale a demandé l’ouverture d’une négociation locale, qui a été rejetée par Orange. Son objectif était de revenir à des conditions de travail décentes, qui passent bien entendu par l’augmentation de la surface immobilière. Les solutions ne manquent parmi les bâtiments encore occupés par Orange malgré leur vente. Orange pourrait rester locataire de bâtiments appartenant soit au Groupe Legendre soit à Lannion Trégor Communauté.

Plutôt que d’investir dans le bien-être de ses salariés, ce qui ne peut qu’accroître leur efficacité, Orange, qui a versé en 2025 près de 2 milliards d’euros de dividendes, alimente une nouvelle crise sociale liée à sa stratégie immobilière. Le remplissage de ses campus hexagonaux avec un taux de flex office à 0,6 bureau par salarié provoque déjà des mises en danger ailleurs qu’à Lannion. Cette crise s’amplifie depuis la nomination par Bercy de Mme Heydemann, Directrice Générale du groupe depuis 2022, et la mise en œuvre d’une stratégie dictée par le financier.

À environ un an et demi de la fin du projet, les salariés et leurs représentants restent donc mobilisés et force de propositions. Leur « NON » massif, leurs actions et les actions juridiques à venir devraient ramener Orange à la raison.